Canadian Bulletin of the History of Medicine: Degeneration, Eugenics, Psychosis, & Shell Shock

The Spring 2016 issue of the Canadian Bulletin of the History of Medicine/Bulletin canadien d’histoire de la médecine, now under the editorship of Erika Dyck and Kenton Kroker, includes a number of articles that will be of interest to AHP readers. These articles address the concept of degeneration in Quebec, eugenics and the 1917 Ontario Royal Commission on the Care and Control of the Mentally Defective and Feeble-Minded, the notion of “Early Psychosis,” and shell shock as a concern in Oxford during World War One. Full titles, authors, and abstracts follow below.

“Entre médecine, culture et pensée sociopolitique : le concept de dégénérescence au Québec (1860–1925),” by Johanne Collin and David Hughes. The abstract reads,

La présente étude se penche sur les rapports entre la psychiatrie, la culture et la pensée sociopolitique au Québec. Notre approche s’inspire des travaux de Mark Micale sur le concept d’hystérie en France. Dans The Mind of Modernism, Micale démontre l’omniprésence de l’hystérie dans l’imaginaire collectif français au tournant du siècle. Notre objectif est de déterminer si un concept psychiatrique a pu jouer un rôle semblable au Québec à la même période. Nous démontrons que le concept de dégénérescence a pénétré la nosographie officielle, les publications médicales, les revues, la fiction ainsi que les discours sociopolitiques québécois.

In The Mind of Modernism, Mark Micale demonstrates the ubiquity of the concept of hysteria in the French imagination at the turn of the century. Taking this approach as our starting point, our study attempts to determine if the notion of degeneration played a similar role in the interactions of psychiatry, culture and politics in Quebec. Our analysis of a variety of historical sources demonstrates that the concept of degeneration did indeed penetrate aspects of psychiatric nosology, medical literature, news media, fiction, and political discourse in Quebec.

“An Evil Hitherto Unchecked: Eugenics and the 1917 Ontario Royal Commission on the Care and Control of the Mentally Defective and Feeble-Minded,” by C. Elizabeth Koester. The abstract reads,

In 1917, the Ontario government appointed the Royal Commission on the Care and Control of the Mentally Defective and Feeble-Minded, headed by Justice Frank Hodgins. Its final report made wide-ranging recommendations regarding the segregation of feeble-minded individuals, restrictions on marriage, the improvement of psychiatric facilities, and the reform of the court system, all matters of great concern to the eugenics movement. At the same time, however, it refrained from using explicitly eugenic vocabulary and ignored the question of sterilization. This article explores the role the commission played in the trajectory of eugenics in Ontario (including the province’s failure to pass sterilization legislation) and considers why its recommendations were disregarded.

En 1917, le gouvernement de l’Ontario met sur pied la Commission royale d’enquête sur les soins et le contrôle des déficients mentaux et des faibles d’esprit, présidée par M. Frank Hodgins. Son rapport final propose un éventail de recommandations portant sur la ségrégation des individus faibles d’esprit, sur les restrictions au mariage, sur l’amélioration des instituts psychiatriques, ainsi que sur la réforme du système judiciaire; autant de sujets au coeur des préoccupations des mouvements eugénistes. En revanche, il s’abstient d’utiliser un vocabulaire spécifiquement eugéniste et ignore la question de la stérilisation. Cet article explore le rôle joué par la commission dans le parcours de l’eugénisme en Ontario (incluant l’échec de la province à adopter une loi sur la stérilisation) et considère les raisons ayant mené au rejet de ses recommandations. Il soutient qu’en évitant la question de la stérilisation eugéniste, la commission a volontairement fait dévier le débat de cette question délicate et a cherché à attirer l’attention publique sur d’autres domaines de réforme sociale. Ce faisant, la commission a ultimement contribué à l’échec de l’Ontario à adopter une loi sur la stérilisation inspirée par l’eugénisme.

“La « psychose débutante » comme catégorie productrice de normes médicales. Contribution à l’histoire des pratiques de santé, France-Allemagne, 1945–1989,” by Emmanuel Delille. The abstract reads,

La catégorie de psychose débutante fait partie des classifications médicales usuelles, à la fois au seuil des savoirs qui constituent l’ossature du champ de la santé mentale, et catégorie normative, susceptible de donner une signification médicale à un ensemble de conduites d’abord identifiées comme bizarreries de comportements, propos, émotions et états mentaux étranges, puis requalifiées en tant que prodromes d’une maladie mentale. De plus, elle fait l’objet de nombreuses publications depuis les années 1990, sans que l’on sache quelles furent vraiment les pratiques de santé dans le passé, avant d’être un objet de protocoles standardisés de recherche, de prévention et de soin. En nous appuyant principalement sur les archives de l’Hôpital de Bonneval, et en établissant des rapprochements et des différences avec d’autres hôpitaux français et allemands dans les années 1950 à 1980, nous donnons des exemples de son maniement dans la clinique, à partir d’un type de sources encore peu utilisées dans l’histoire de la seconde moitié du 20e siècle, les dossiers médicaux. Ce cadre étant posé, nous procédons à l’analyse des enchaînements entre les certificats, les premiers entretiens cliniques, le récit d’anamnèse, la construction du diagnostic, les indications de traitement, le pronostic, etc., autant d’indices diachroniques qui offrent un lieu d’observation des savoirs et savoir-faire impliqués – ou pas. En effet, il ne s’agit pas tant ici d’évaluer l’impact de certaines doctrines que d’examiner quels sont les signes cliniques et les dichotomies conceptuelles sur lesquels les cliniciens s’appuient, et de questionner l’usage d’outils comme les tests psychologiques. On peut alors dégager le constat que la clinique n’est pas seulement une production de signes objectifs, mais que les symptômes subjectifs font aussi partie des pratiques de santé en psychiatrie, à partir du moment où elle en fait une catégorie normative, intermédiaire entre des conduites atypiques et un diagnostic caractérisé, comme la schizophrénie.

The category of an “Early Psychosis” refers to a common medical classification. It is an essential part of the knowledge constituting mental health even as it represents a normative category subsuming a set of peculiarities in human behaviour, speech, emotional expression, and mental states that together can be described as a mental disorder. Numerous publications since the 1990s have rendered the “Early Psychosis” into a focus of standardised research, prevention and therapy procedures, while earlier medical practices remained unknown. Relying mainly on the archives of the Hospital of Bonneval, France, we draw comparisons with other French and German hospitals through the use of clinical records with a focus on the period 1950–1980. We then analyze the linkages between certificates, first clinical interviews, anamnesis, emergence of a diagnosis, treatment indications, prognosis, and the like, which together constitute a complex of diachronic measurements that offer potential insights upon the nature of medical knowledge and practice. Our interest is less the evaluation of consequences of specific doctrines than the investigation of the clinical parameters and conceptual dichotomies upon which practitioners relied. We conclude that the clinic is established not just out of objective signs, but that subjective symptoms are also part of psychiatric health practices, which in turn become a normative category that included a grey area between atypical behaviour and a selective diagnosis in, for example, the case of schizophrenia.

“Tackling Shell Shock in Great War Oxford: Thomas Saxty Good, William McDougall, and James Arthur Hadfield,” by John Stewart. The abstract reads,

Shell shock was an important object of diagnostic and therapeutic concern in Oxford during the Great War. The efforts of three Oxford physicians – Thomas Saxty Good, William McDougall, and James Arthur Hadfield – are of particular significance to our story. All worked on the problem at various sites throughout the city. They often collaborated. All were committed to employing innovative techniques such as psychotherapy and hypnosis. Each rose, to differing extents, to prominence in the field of psychological medicine during the succeeding decades. Yet all have been neglected in the current historiography. I argue that a close examination of their practices reveals a curious combination of therapeutic pragmatism and psychoanalytically informed techniques that later helped inform clinical psychology’s challenge to psychiatry’s dominance over the concept and care of mental disorder.

« Les commotionnés de guerre » ont été un sujet de diagnostic et un enjeu thérapeutique important à Oxford durant la Première Guerre mondiale. Les efforts de trois médecins d’Oxford – Thomas Saxty Good, William McDougall, et James Arthur Hadfield – sont d’un intérêt particulier pour notre histoire. Tous ont travaillé sur ce problème à divers endroits de la ville. Ils ont souvent collaboré. Ils s’affairaient tous à utiliser des techniques innovantes tels que la psychothérapie et l’hypnose. À des degrés divers, ils sont devenus des sommités dans le domaine de la médecine psychologique durant les décennies suivantes. Pourtant, ils ont été négligés par l’historiographie actuelle. Cet article soutient que l’examen attentif de leurs pratiques révèle une curieuse combinaison de pragmatisme thérapeutique et d’approches psychanalytiques qui nous éclaire sur le défi que la psychologie clinique a par la suite posé à la domination de la psychiatrie sur le concept et les soins des troubles mentaux.

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About Jacy Young

Jacy Young is a Social Sciences and Humanities Research Council (SSHRC) of Canada Postdoctoral Fellow at the University of Surrey in the UK. She completed her doctorate in the History and Theory of Psychology at York University in 2014.

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